Point de vue : De la raison du bon terme.

En septembre 2012, dans le cadre d’un travail d’audit de la situation de l’enseignement par le digital au sein d’une université française, je m’étais heurté de suite à une première difficulté, celle du discours : enseignement à distance, EAD, e-Learning, formation ouverte et à distance, FOAD, formation à distance, FAD.
Or, il n’y a rien de plus dérangeant comme thématique de travail que celle qui au premier abord s’annonce avec un champ de définition protéiforme et fluctuant. La diversité des termes pouvant impliquer une diversité de conceptions et de pratiques, de quoi parlions-nous ?
Il m’avait semblé judicieux dès lors d’essayer de préciser au préalable l’objet de l’étude. Je partage avec vous le fruit de ma réflexion.

En 1971, l’enseignement à distance est présenté comme un enseignement « ne comportant pas, dans les lieux où il est reçu, la présence physique du maître chargé de le dispenser ou ne comportant une telle présence que de manière occasionnelle ou pour certains exercices » .
Il s’agit de toute forme d’enseignement se pratiquant, en partie ou intégralement, à distance sans préjuger des outils et des méthodes utilisés. C’est là le premier écueil, et non des moindres. En effet, 40 ans plus tard, le saut évolutif des technologies de l’information et de la communication (TIC) a nettement impacté le monde de l’Enseignement à distance et imposé un changement total de paradigme. Si enseigner à distance ne pouvait se concevoir dans les années soixante que par le biais du courrier postal ; dorénavant, on parle de classe virtuelle, de téléconférence, de salle immersive, etc. Bref, le numérique et surtout l’Internet ont changé la donne et introduit une dimension qui donne au terme EAD une signification trop générique.

Alors e-Learning ou FOAD? Au-delà du handicap de l’anglicisme, l’e-Learning est défini par l’Union européenne comme « l’utilisation des nouvelles technologies multimédias de l’Internet pour améliorer la qualité de l’apprentissage en facilitant d’une part l’accès à des ressources et à des services, d’autre part les échanges et la collaboration à distance ».

Quant à la FOAD, la Délégation Générale à l’Emploi et à la Formation Professionnelle (DGEFP) en parle comme « un dispositif souple de formation organisé en fonction de besoins individuels ou collectifs (individus, entreprises, territoires). Elle comporte des apprentissages individualisés et l’accès à des ressources et compétences locales ou à distance. Elle n’est pas exécutée nécessairement sous le contrôle permanent d’un formateur. »

L’e-Learning fait donc référence à l’usage des TIC dans un enseignement, sans plus. Cela peut être, par exemple, la mise à disposition d’une ressource en ligne sans accompagnement. Alors que la définition de la FOAD insiste sur la structuration du dispositif de formation en citant implicitement le rôle du formateur mais sans mettre l’accent sur les TIC.
Le terme FOAD est beaucoup plus en adéquation avec les missions de l’Enseignement en général, et de la formation continue en particulier, que le e-Learning.

A l’époque, et ce choix est toujours d’actualité, j’ai donc opté pour l’usage du terme e-FOAD que je défini, en paraphrasant la définition de la DGEFP, ainsi :
C’est un dispositif souple de formation organisé en fonction de besoins individuels ou collectifs (individus, organisations, territoires). La e-FOAD comporte des apprentissages individualisés, l’accès à des ressources et compétences locales et à distance par l’utilisation des TIC ainsi qu’un accompagnement synchrone ou asynchrone par un formateur.

Il est donc évident que je ne considère pas les moocs comme étant de l’e-foad.

janvier 12, 2018

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